Introduction
Léger marketing a éffectué un sondage en 2024 sur l'appui au bilinguisme au Canada.
Voici les principales conclusions que nous retirons de ce sondage important et révétateur.
Le bilinguisme officiel- une affaire de minorité sans appui majeur
Voici quelques chiffres sur cette question;
35% des canadiens hors-Québec pensent que le bilinguisme officiel est quelque chose de positif (versus 70% des québécois). 59% le considère négatif ou sont indifférents.
35% des Canadiens hors-Québec pensent que le bilinguisme officiel du Canada est au coeur de l'identité canadienne. Cette proportion est plus élevée chez les Québécois (60%).
Pour la majorité (51%) des canadiens hors-québec, il n'est pas important que le Canada demeure un pays officiellement bilingue (versus 83% des québécois qui pensent qu'il est important).
Notre conclusion: l'appui au bilinguisme officiel hors Québec est très fragile, et en cas de référendum hors-Québec il risquerait fort d'être battu.
Le bilinguisme et la Loi 101 selon les canadiens hors-Québec
Le sondage établit des parallels intéressants entre le bilinguisme officiel canadien et l'unilinguisme officiel au Québec.
Presque la moitié des Canadiens hors-Québec (49%) pensent que le bilinguisme officiel du Canada n'existe que pour satisfaire une minorité (bien plus que les 35% qui le considèrent au coeur de l'identité canadienne) .Pour la majorité (59%) des canadiens hors-québec, il n'est pas souhaitable que leur province devienne officiellement bilingue. Pourtant 65% des canadiens hors-Québec pensent que le Québec devrait devenir officiellement bilingue.
Les canadiens hors Québec sont logiques.. Puisqu'ils considèrent que le bilinguisme est une affaire de minorité, ils voudraient que le Québec, mais pas leur propre province, soit officiellement bilingue. Il y a une leçon ici pour les québécois qui se demandent s'ils devraient toujours appuyer la Loi 101- même si le Québec devenait bilingue, le reste du Canada choisirait de demeurer unilingue anglais.
Le déclin du français
Selon 34% des Canadiens anglophones, la proportion de francophones au Canada a diminué par rapport à il y a 50 ans. Les canadiens francophones (71%) et les Québécois (65%) sont plus nombreux à penser ainsi.
70% des Québécois pensent que le français est menacé au Canada (contre seulement 19% des répondants vivant dans les autres provinces), et 63% pensent que le français est menacé dans la province de Québec (contre seulement 11% des répondants vivant dans les autres provinces).
Avec de tels chiffres, il n'est pas surprenant que les canadiens hors Québec s'opposent à la Loi 101- ils ne voient tout simplement pas la nécessité.
Le déclin de l'anglais?
Présumément par souci de symétrie, le sondage a également examiné la vitalité de l'anglais au Canada.
22% des répondants vivant dans les provinces autres que le Québec pensent que l'anglais est menacé au Canada (contre seulement 5% des Québécois). Près d'un répondant non québécois sur quatre (38%) pense que l'anglais est menacé dans la province de Québec (comparativement à seulement 17% chez les Québécois et 11% parmi les canadiens francophones).
Alors, en pourcentage, pour chaque francophone hors Québec qui pense que l'anglais est menacé au Québec, il y a deux fois plus de canadiens hors Québec qui pensent que l'anglais est menacé au Canada.
Ceci se passe de commentaires.
Conclusion
La Constitution canadienne, adoptée par le Parlement d'Angleterre en 1867, puis amendée et rapatriée par ce même Parlement en 1982, n'utilise nulle part les termes « bilingue » ou « bilinguisme ». Et depuis son rapatriement, la Constitution canadienne n'a pas été modifiée en ce sens. À la lecture de ce sondage, force est de constater que cela reflète la volonté de la population et qu'il s'agissait d'une sage décision.En 1867, l'obligation d'adopter des lois provinciales en français n'était imposée qu'à la province de Québec (article 133 de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique). À la lecture de ce sondage, c'est probablement encore aujourd'hui l'opinion de la plupart des Canadiens.
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Marc Ryan
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